Gwendy et la boite à boutons

Couverture Gwendy et la boîte à boutons

Titre : Gwendy et la boite à boutons

Titre VO : Gwendy's Button Box

Auteur:  Stephen King et Richard Chizmar

Traducteur: Michel Pagel

Editeur: Le livre de poche

ISBN : 9782253083573

Pages : 160

Date de publication française : 5 septembre 2018

Résumé :  Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.

La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n'a-t-il pas sa contrepartie ?

 

"Les secrets constituent un problème, peut-être le plus grand de tous. Ils pèsent sur l’esprit et encombrent le monde​"

On ne présente plus Stephen King qui porte très bien son nom et son oeuvre magistrale. Ici nous avons une nouvelle écrite à quatre mains avec Richard Chizmar. Très peu (voir pas) connu en France il a crée le magazine Cemetary Dance en 1988 où il publie des nouvelles d’horreur d’écrivains plus ou moins connus et plus tard une maison d’édition du même nom qui publie des anthologies d’horreur des plus grands maîtres. Avec ces deux hommes, le résultat ne pouvait être que fabuleux. Et c’est le cas ici.

Nous commençons nous histoire avec Gwendy qui va tous les jours à Castle view. Elle veut perdre du poids et quoi de mieux que des escaliers géants pour y arriver. La voilà face à un homme. Cet homme est d’ailleurs un savant mélange entre Leland Gaunt dans Bazaar (lecture que je vous recommande fortement) et Pennywise de ça. Il semble aussi manipulateur que Leland et apparait pour la première fois de la même façon que Pennywise. Il lui donne une boite avec huit boutons aux pouvoirs incroyables. Plus qu’une histoire d’horreur il s’agit ici d’une réflexion sur le pouvoir. Que faire si on peut tout avoir? Jusqu’où Gwendy va-t-elle s’arrêter? Comme toujours dans les livres de King on a le personnage complètement stupide et méchant. On peut penser à Henry Bowers (ça) ou à Buddy (Christine). Ce livre ne déroge pas à la règle en la personne de Frankie : une brute perverse et pas très intelligente. Si je parle de lui en premier, c’est qu’il est très important pour l’histoire. Gwendy a tout. Grâce à la boite, elle peut tout avoir, tout contrôler sauf Frankie. Il rend cette histoire dangereuse là où elle ne serait qu’une critique philosophique du matérialisme. Il donne du dynamisme à cette nouvelle. Les personnages ont tous une vraie personnalité et une histoire. Gwendy assiste à la déchéance du couple parental. Elle se retrouve au milieu de ça. Que faire en premier lieu ? Redonner de l’amour dans leurs couples. Et ainsi de suite. Chaque personnage à son histoire propre et surtout son avancée dans la nouvelle d’une façon qui n’est pas prévisible. Je pense notamment à la meilleure amie.

L’action se passe à Castle Rock : ville où se passent beaucoup de livres de King. C’est d’ailleurs dans cette ville que se déroule Bazaar. Il y a toujours un petit sursaut de joie en moi quand je vois que le livre se déroule à Castle Rock. On se demande quel lien va être fait avec les précédents livres. L’importance de la ville frappe d’autant plus avec la nouvelle série Castle Rock qui nous montre à quel point cette ville est maudite. Un des aspects qu’il faut noter est la présence des dessins de Keith Minnion. Ils sont très beaux et ont une ambiance particulière qui colle parfaitement avec le ton de l’histoire. Je ne connaissais pas cet artiste qui a fait ici un magnifique travail. Bravo.

" Est-ce qu’il y a un endroit que tu détruirais si tu en avais le pouvoir ? Ou une personne que tu … euh … dont tu te débarrasserais ?
Gwendy lui rendit son sourire. « Je ne sais pas, dit-elle. C’est pourquoi j’ai posé la question.
- Heureusement que ce genre de bouton n’existe pas, dit miss Chiles.
- Oh, mais ça existe ! Nixon en a un. Brejnev aussi. Et d’autres encore.
 "

Le pour

  • Castle Rock
  • Les illustrations

  • Les personnages très fouillés.

Le contre

  • Peut-être pas assez d’horreur
  • Trop peu d’explications

Pour conclure,


Nous avons une histoire prenante qui se lit d’une traite. Il serait dommage de passer à côté. Il y a peu (voir pas) de livres de Stephen King qui m’ont déçue et celui-là n’en fait pas partie. Ce livre n'est pas sans rappeler la petite nouvelle de Richard Matheson nommé Le jeu du bouton. On peut la lire dans le recueil Nouvelles, T.3 1959 -2003. C'est la nouvelle qui avait inspiré le film The box. Il est très intéressant de lire les deux car ils posent tout deux la question : peut on avoir ce que l'on veut au détriment (le mot est faible) des autres personnes? 

Let's go pour une prochaine lecture!

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